Métro, boulot, dodo ? La vie à Paris ne se résume-t-elle qu'à cela ? Bien sûr que non ! Venez voir sur ce blog, si vous n'êtes pas convaincus.
Je vous parlais l'autre jour des discussions actuelles sur l'avenir urbanistique de Paris... Un Grand Paris ? Des tours plus hautes dans certaines zones excentrées ? Et justement, je suis tombée sur un texte qui date de 1889 et qui parle de la Tour Eiffel en des termes peu élogieux.
Selon Charles Gounod, Alexandre Dumas, Charles Garnier, Leconte de Lisle, Guy de Maupassant et d'autres artistes signataires de cette "protestation des artistes", elle est une balafre sur le visage harmonieux de Paris. Comme quoi, de tous temps, les transformations ponctuelles ou d'envergure dans le paysage urbain de la capitale ont suscité les passions. Extraits.
M.S.

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Lettre ouverte et adressée à M. Alphand, directeur général des travaux de l'Exposition universelle de 1889, publiée dans le journal Le Temps le 14 février 1887.
Sans tomber dans l'exaltation du chauvinisme, nous avons le droit de proclamer bien haut que Paris est la ville sans rivale dans le monde. Au dessus de ses rues, de ses boulevards élargis le long de ses quais admirables, au milieu de ses magnifiques promenades, surgissent les plus nobles monuments que le genre humain ait enfantés. (…)
Allons-nous donc laisser profaner tout cela ? (…)
Car la tour Eiffel, dont la commerciale Amérique ne voudrait pas c'est, n'en doutez pas, le déshonneur de Paris ! Chacun le sait, chacun le dit, chacun s'en afflige profondément, et nous ne sommes qu'un faible écho de l'opinion universelle et légitimement alarmée. (…)
II suffit d'ailleurs, pour se rendre compte de ce que nous avançons, de se figurer une tour vertigineusement ridicule, dominant Paris, ainsi qu'une noire et gigantesque cheminée d'usine, écrasant de sa masse barbare : Notre- Dame