Métro, boulot, dodo ? La vie à Paris ne se résume-t-elle qu'à cela ? Bien sûr que non ! Venez voir sur ce blog, si vous n'êtes pas convaincus.
"Oh vous savez, moi je suis Montmartroise depuis quelques années...", confiait hier une grand-mère à un jeune homme dans le bus 80. Ce dernier venait de lui confier qu'il n'était Montmartrois d'adoption "que" depuis 4 ans. Coquette, la vieille dame ajoutait, le sourire dans les yeux: "Mais je suis plus jeune que La Mère Catherine, tout de même! D'ailleurs, on fête son bicentenaire ce week-end, vous devriez y faire un tour!"
Témoin de la discussion, j'ai évidemment suivi le conseil adressé au jeune homme et grimpé à la place du Tertre, que je fuis d'ordinaire, peu friande des bains de foule. Sur la devanture rouge de La Mère Catherine, fameux restaurant de la place, un panneau confirme qu'il y a bien un anniversaire à arroser ce week-end. Mais pas celui du restaurant, non, celui des "bistrots". On y lit:
"Le 30 mars 1814, les Cosaques lancèrent ici en premier leur très fameux "bistro"
et, sur la butte, naquit ainsi le digne ancêtre de nos bistrots".
Oh, les Cosaques venus occuper Paris après avoir poursuivi Napoléon pendant 2 ans d'est en ouest ne fréquentaient pas que la butte Montmartre, comme le montre ce tableau du musée Carnavalet. Mais "ils venaient souvent Chez La Mère Catherine boire un verre ou deux… N’ayant pas l’autorisation de leurs officiers, ils s’exclamaient « Bistro ! Bistro !» (« Vite ! Vite !» en russe), expression qui a donné leur nom à nos actuels bistrots", raconte le site officiel de l'institution fondée en 1793. Soit encore plus vénérable que ne le pensait la grand-mère du bus 80. Mais chut, ne jamais commenter l'âge des dames!
M.S. qui préfère La Bonne Franquette à La Mère Catherine...