Métro, boulot, dodo ? La vie à Paris ne se résume-t-elle qu'à cela ? Bien sûr que non ! Venez voir sur ce blog, si vous n'êtes pas convaincus.
Robert Doisneau le surpasse en ventes de cartes postales aux touristes japonais… mais Willy Ronis a lui aussi photographié avec talent sa maîtresse de toujours: Paris. A l’instar de Doisneau, Brassaï ou encore Izis (Israëlis Bidermanas), il a arpenté les rues parisiennes et les a célébrées avec l’élégance du noir et blanc, tendresse et émerveillement.
Son Petit Parisien, la baguette sous le bras, attendrit le spectateur, ses clichés de Belleville rendent nostalgique, et ses amoureux à la Bastille donnent des envies d’escapades romantiques. Willy Ronis a 95 ans, il ne peut plus courir dans sa ville tant aimée. Mais sa ville lui rend hommage.
Jusqu’au 18 février, ses clichés sont exposés à l’Hôtel de Ville. Son œuvre est présentée de manière chronologique, de son engagement aux côtés des grévistes aux usines Javel-Citroën en 1938, aux derniers clichés de nus dans les années 1990, en passant par sa découverte de Belleville et Ménilmontant.
Trop peu de place dans ce parcours. C’est la rançon de la gloire, sans doute. Alors on apprécie la petite salle obscure aménagée au milieu du salon. Là, c’est un vieux monsieur aux rides rieuses qui parle de sa vie et de son parcours dans le petit film qui accompagne l’exposition. Mais vite, il y a la queue derrière, il faut repartir dans la foule qui colle son nez sur le verre des photos.
Et sur les commentaires accompagnant certaines. Parfois amusants. Parfois moins. Comme celui qui accompagne le Petit Parisien justement… Alors que la plupart de ses photos ne sont pas préparées, celle-ci l’est. Après avoir croisé le petit garçon avec sa grand-mère à la sortie d’une boulangerie de la rue Péclet dans le XVème arrondissement, il lui demande de faire cette petite mise en scène et en tire trois clichés, dont les contacts accompagnent la photo finalement retenue. Ceci dit, ce gamin reste irrésistible.
En sortant de là, encore sous le charme du noir et blanc qui va si bien à Paris, évidemment, l’on s’y essaie. Sans aucun doute avec moins de talent que ces photographes aguerris. Mais c'est comme si cette ville avait envie qu'on la photographie, qu'on l'immortalise.
M.S. qui ne s'en prive jamais
Exposition "Paris dans l'oeil de Willy Ronis"
Salon d’accueil de l’Hôtel de Ville, 29 rue de Rivoli - Paris 75004
Du 19 octobre 2005 au 18 février 2006 - Entrée libre
Du lundi au samedi : de 10 h à 19 h - Fermeture les dimanches et jours fériés