Vu l'état de mes cheveux – magnifiquement raides mais aux bouts affreusement fourchus – un coup de fil s'imposait en fin de semaine dernière. Un coiffeur, vite un coiffeur ! Je n'ai pas de préférence dans mon quartier, même si cela fait 2 ans que j'y habite. Alors je teste. Paf, les Pages Jaunes, voilà, celui-là c'est très bien. Demain 17h ? C'est bon ? Et c'est parti.
Demain 17h. Voilà, j'arrive chez le coiffeur. Ou plutôt la coiffeuse.
"Bonjour Mademoiselle Simon !
- Euh, bonjour…"
Mais comment associe-t-elle mon nom à mon visage celle-là ? Je dois avoir une mine surprise puisque la gentille coiffeuse poursuit.
"Je sais tout de vous, Mademoiselle Simon !"
C'est là que j'ai commencé à avoir peur... Alors, chère coiffeuse, si vous lisez ces quelques lignes car vous suivez mon blog depuis son ouverture… euh… bonjour et merci pour la coupe !
Donc la gentille coiffeuse me shampooine, fait un soin à mes cheveux si abîmés et me dirige vers l'endroit que j'ai souvent redouté étant petite : là où on vous ampute d'une partie de vous-même, là où on vous coupe les tifs. Noooooon ! Si. Mais maintenant, plus de problème avec ça, rassurez-vous, j'ai fait mon deuil de magnifiques cheveux qui tombent jusqu'aux reins. Les miens prennent vite des fourches, ce serait très très moche.
Je m'installe donc. Elle coupe. Nous ne parlons pas beaucoup pendant le cérémonial. D'abord l'arrière, puis les mèches devant. On arrondit en créant un petit dégradé, puis on dégrade l'épaisseur. Bien, parfait.
"Dites, ça date de quand votre dernière coupe ?
- Oh, 5 ou 6 mois peut-être…
- Ah bon ? Non, c'est la normale, ne vous inquiétez pas, mais vos cheveux sont très très fourchus.
- Oui, je sais.
- Vous faites des soins ?
- De temps en temps oui, j'ai un masque à appliquer après le shampooing puis à rincer.
- Et bien il faut le faire à chaque fois."
Paf ! Ca y est, la leçon est donnée, et retenue. Mais la gentille coiffeuse continue, sans voir que je suis déjà très très triste d'avoir honteusement maltraité mes petits cheveux qui n'avaient pourtant rien demandé !
"Non parce que, vous, ça ne vous fait pas mal les fourches ?
- Non, effectivement, c'est indolore…
- Mais vos cheveux, eux, ils souffrent !"
Arrêtez, je vais pleurer de honte et de culpabilité. Vingt-deux ans, bientôt vingt-trois, sans penser à la douleur de mes cheveux. Ou alors à dire que j'ai mal aux cheveux pour de mauvaises raisons, si mauvaises en comparaison de leur douleur insoutenable dûe aux fourches ! Mea Culpa, Mea Maxima Culpa !!!
Vous aussi, pensez à vos cheveux car ils souffrent mais n'ont pas de voix pour exprimer leur douleur. Je propose d'ailleurs de créer un parti pour les prochaines présidentielles : le Parti qu'a Mal aux Ch'veux (PMC) !
M.S.