Métro, boulot, dodo ? La vie à Paris ne se résume-t-elle qu'à cela ? Bien sûr que non ! Venez voir sur ce blog, si vous n'êtes pas convaincus.
Voilà le visage que présente le squatt d’artistes au 59 rue de Rivoli. Oui, vous avez bien lu. Un squatt, rue de Rivoli. Celui-ci n’est pas le seul dans la ville de Paris mais il est particulièrement visible et étonnant sur cet axe plutôt synonyme de magasins de luxe.
« Chez Robert. L’électron libre » est un collectif d’artistes qui militent, on s’en serait douté, pour un art alternatif. Depuis 1999, première expo sauvage et fondation du collectif, les artistes sont toujours là, ce qui est déjà un tour de force, si l’on se souvient des étapes parcourues jusqu’à présent.
Au
Février 2000, condamnation à l’expulsion après une plainte de l’Etat, alors propriétaire de l'immeuble. Un délai de six mois est obtenu et le 59 rue de Rivoli commence à être médiatisé. On parle alors du phénomène « squart », en contractant « squatt » et « art ».
Légalisation, constitution du collectif en association loi 1901, bref le squatt rentre dans le cadre et il est prévu de mettre en œuvre le projet « Essaim d’art » courant 2008. Mais il dérange toujours un peu, ce squatt, bien sûr. Mars 2005, fermeture au public sur ordre de la préfecture de police. Les normes de sécurité ne sont pas respectées, il faut faire des travaux, prévus pour novembre 2006. Date à laquelle les artistes seront relogés dans un local prêté par la mairie pour les deux années de travaux.
Au retour au 59 rue de Rivoli, il est prévu que la surface visitable soit restreinte. Le lieu « ne sera plus ce que vous avez connu », regrette l’un de ses membres. « Il sera un lieu d'Art "alternatif" ». Tout est dans les guillemets. Si l'on se penche sur les buts affichés en 1999 (réanimer un lieu inculte, permettre à des artistes de créer, se loger et exposer,
prouver le bien-fondé d’une politique culturelle alternative), on remarque un glissement, effectivement.
Alors reconnaissance bénéfique ou rentrée dans le rang pure et simple ? A vous de juger. L’immeuble est pour l’instant fermé au public, mais les artistes sont toujours là jusqu’en novembre… Si vous passez devant au moment où l’un d’entre eux rentre, tachez de vous faufiler avec lui par la porte bariolée de l’immeuble !