Métro, boulot, dodo ? La vie à Paris ne se résume-t-elle qu'à cela ? Bien sûr que non ! Venez voir sur ce blog, si vous n'êtes pas convaincus.
Je n’avais aucune raison de passer par là. Vraiment. Si ce n’est ce jour où, m’étant trompée sur un horaire de cinéma au Pathé Wepler, j’avais une demi-heure à tuer. Et pas de bouquin dans mon sac pourtant si rempli. Un sac de fille, quoi. Me voilà donc en mini-balade près de la place de Clichy, et notamment dans la rue Cavallotti. C’était un dimanche, les commerces avaient baissé leurs rideaux métalliques. Des rideaux peu banals.
Ma première réflexion? "Je ne sais pas pourquoi, d’une façon générale, le monde est devenu un tel bordel." Des tags, des parcelles de tableaux célèbres, des dates et des courants artistiques référencés là, en bas à gauche, des rideaux… Mais pourquoi?
Quelques clics en rentrant vite chez moi, car oui j’ai oublié ma séance de cinéma entre temps, et voilà qu’une jolie histoire émerge. Les rideaux qui ponctuent les 120 mètres de la rue ont été peints par de jeunes artistes surnommées Les Gazelles, qui y vivaient. A partir de 1994, un rideau après l’autre, les classiques sont reproduits: Braque, Vermeer, Modigliani, Gauguin, Toulouse-Lautrec…
Premiers indices de dégradation en 2000, d’après l’association de quartier Déclic 17/18. Usure et graffiti se conjuguent pour arriver au résultat visible aujourd’hui. Un billet posté sur Le Post compile les photos avant/après. La même association alerte les mairies des 17e et 18e arrondissements et une solution est évoquée en conseil de quartier Grandes Carrières – Clichy, en mars dernier.
Plutôt que d’enlever les tags, piste trop coûteuse, il s’agira de recouvrir les rideaux de nouvelles œuvres, qui représenteront cette fois des affiches évoquant des scènes de la vie parisienne de la Belle Epoque, précise Le Parisien dans la foulée de la réunion: "Jane Avril, Mistinguett, l'Académie de billard, le Moulin de la galette, le Chat Noir, l'hippodrome du boulevard de Clichy et bien d'autres lieux célèbre du vieux Montmartre recouvriront les décors originaux."
Même si l’une des Gazelles toujours présente rue Cavallotti a rappellé pendant cette réunion de mars que les précédentes décors étaientestés intacts de nombreuses années (car) les graffeurs, qui s'interdisent de recouvrir des œuvres ne leur appartenant pas, les ont protégés", un vernis anti-graffiti devrait recouvrir les nouvelles peintures, par précaution.
Mais on n’en est pas là. En dépit du calendrier annoncé en mars, et qui prévoyait la fin des travaux fin juin, peu de rideaux ont changé à la mi-juin. Je n'en ai trouvé qu'un, représentant le Bal du Moulin rouge.
EDIT du 24 juillet: "La majorité des décors ont déjà été peints, sur papiers, prêts à coller" mais il faut préparer les stores à les accueillir et le projet traîne en longueur, me répond par email Valéry du Peloux, d'Artisans du film, société de production installée dans la rue Cavallotti et qui participe à tout cela. A suivre au fil de l'été...
M.S.