Métro, boulot, dodo ? La vie à Paris ne se résume-t-elle qu'à cela ? Bien sûr que non ! Venez voir sur ce blog, si vous n'êtes pas convaincus.
Rien à voir avec Paris, mais pour avoir vécu un an en Espagne et entendu parler de cette histoire lors d'un passage à Cordoue, je tiens à vous faire part d'une nouvelle ibérique… Une nouvelle qui ne m'inspire qu'une pensée: quel dommage…

L'évêque de Cordoue, Mgr Juan José Asenjo, vient de refuser d'ouvrir sa cathédrale, une ancienne mosquée, aux prières des musulmans. La communauté musulmane espagnole le souhaite depuis longtemps et avait réitéré sa demande dans une lettre adressée au pape Benoît XVI. La Grande Mosquée de Cordoue serait alors devenue un lieu de prière œcuménique.
Les raisons du refus: cette situation "génèrerait de la confusion parmi les fidèles" et ne "contribuerait pas à une cohabitation pacifique entre les croyants", écrit le quotidien ABC. "Nous, chrétiens de Cordoue, souhaitons vivre en paix avec les croyants d'autres religions, mais nous ne souhaitons pas être soumis à des pressions continues qui ne contribuent pas à la concorde", a expliqué l'évêché.
A ceux qui soulignent que l'édifice est avant tout une mosquée, chef-d'œuvre de l'architecture omeyyade (785-987), convertie en cathédrale seulement en 1236 pendant la Reconquista chrétienne, il répond dans le quotidien El Pais que ce lieu de culte musulman avait été construit sur les ruines d'une basilique wisigothe dédiée à Saint Vincent…
Mansur Escudero, président de la Junte islamique espagnole, organisation qui représente les musulmans d'Espagne, n'a pu répondre à ce refus qu'en s'agenouillant pour prier devant la mosquée-cathédrale, espérant "attendrir le cœur de l'évêque de Cordoue". "En réalité, musulmans et chrétiens prient le même dieu, qui est unique", a-t-il expliqué et, "prier ensemble" permettrait une "plus grande entente entre les deux religions".
Un aperçu ci-dessus (photo de Garcia Cordero, trouvée sur Elpais.es) du chef d'œuvre qui aurait pu devenir un symbole œcuménique… et qui ne le sera pas à cause d'une querelle assez infantile relevant du "j'étais là avant toi, nah!" Quel dommage, vraiment… Au passage, les dorures chrétiennes exubérantes m'avaient semblées déplacées dans ce chef d'œuvre aux lignes si sobres et apaisantes… Désolée, pas de photos, je n'étais pas encore passée au numérique à l'époque...
M.S. qui est en manque d'air ibérique