Lundi 23 novembre 2009
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Ah des moulins à Paris, ça oui, on connaît le Moulin rouge ou bien celui de la
Galette. Le tout associé à Pigalle, Montmartre, la nuit parisienne, la danse et la musique… Pas vraiment à la farine, non.
Et pourtant… Il fut un temps (braves gens) où le bon peuple parisien
achetait du pain fabriqué avec la farine "d’ici", obtenue grâce aux nombreux moulins à vent de la ville, sur la butte
Montmartre, la butte Chaumont ou à Belleville. Au total, au XVIIIe siècle,
une trentaine d’édifices de ce type trônaient sur les hauteurs, dans
les villages que Paris n’avalera qu’en 1860. Les moulins Radet et Blutte-Fin, de la rue Lepic, seront les deux derniers à faire tourner leurs ailes… afin d’être un temps transformés en guinguette
pour le premier (rebaptisé "moulin de la galette" en photo ci-dessus) et en salle d'émissions publiques,
de radio et de télévision pour le second. Les Grands Moulins de Paris avaient pris le relais.
Petite pause: mais que diable vient faire la Seine dans le titre de ce
post? Il aurait mieux valu parler du vent qui souffle sur Paris plutôt que du fleuve qui la traverse. Tiens d’ailleurs, comment s’appelle le vent à Paris, vous savez, vous? Le Sud a son Mistral
et sa Tramontane, mais nous, on a quoi?
Rassurez-vous, la Seine a tout à voir avec mon histoire de moulins
parisiens. Car si l’on remonte encore plus loin, à la louche au XIIIe-XIVe siècle, ils abondaient sur le fleuve à Paris (comme sur les autres cours du pays). Sous la forme de
moulins-nefs, des bateaux plats équipés de roues à aubes actionnant des meules, ou de moulins-pendus, fixés aux ponts. Les premiers s’adaptent aux crues mais, plus fragiles, cohabitent puis sont remplacés par les seconds. De la largeur d’une arche, ces derniers bénéficient
d’un courant accentué grâce aux piles des ponts. A Paris, ils sont fixés au Grand Pont qui relie la rive droite à l’île de la Cité.
Plus tard, le
"Pont-aux-Meuniers" (en photo ci-dessus), construit en 1323 dans la même zone, remplace les moulins flottants, jusqu’à son effondrement à la fin du XVIe siècle.
Petite pause bis: non je n’ai pas envie de me reconvertir en meunière, pas plus qu’en ingénieur spécialiste des égoûts et
des catacombes… Je suis juste tombée sur une illustration du Pont au meuniers issue d’une bande dessinée dans un petit livre atypique, Paris BD – La capitale redessinée, de Thibaut Vandorselaer, qui
parcourt les quartiers de la ville au moyen de cartouches de nombreux ouvrages. D’où ma passion subite pour les moulins hydrauliques mobiles et fixes de Paris, dont j’ignorais absolument tout.
Sans doute faute de hanter plus souvent le musée Carnavalet ou le Pavillon de l'Arsenal...
Dimanche 8 novembre 2009
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C’est le JDD qui le dit aujourd’hui: si Paris est le meilleur élève des villes françaises en matière de pertes des réseaux de distribution d'eau, c’est grâce à Haussmann. Haussmann "qui a développé les galeries
souterraines de la capitale au XIXe siècle. Elles donnent accès aux 1800 km de canalisations à pied. Un cas unique en France, qui permet de détecter et de réparer très vite la moindre fuite",
souligne l'hebdomadaire.
Bon, c’est aussi la conséquence des "efforts techniques" de Veolia et Suez qui assurent l’exploitation du réseau parisien (la première rive droite, la seconde rive gauche) avant de passer le
relais à une régie municipale en janvier prochain. Mais quand même, rendons au baron ce qui appartient au baron.
Alors en quoi est-il le père de l'alimentation
en eau de Paris? Je m'en remets à l'excellent Atlas du Paris souterrain (Parigramme) qui se trouve justement depuis quelques jours au chevet de mon lit. Extrait:
"La structure du réseau date de la seconde moitié du XIXe siècle. En 1852, le Service des eaux de Paris reposait principalement sur le canal de l'Ourcq qui fournissait quotidiennement 105 000
mètres cubes d'eau, froide en hiver, chaude en été, louche en toute saison. Les machines à vapeur de Chaillot, du Gros-Caillou et la pompe du pont Notre-Dame élevaient péniblement 7000 mètres
cubes d'eau de Seine, troubles lors des crues et toujours chargées d'immondices."
"Conscient des menaces épidémiologiques de cette eau corrompue, le baron Haussmann fit adopter en 1853 un ambitieux projet d'adduction pour la capitale. Le programme, confié à l'ingénieur du
Service des eaux Eugène Belgrand, prévoyait la fourniture de 200 litres d'eau par jour et par habitant à partir de réservoirs approvisionnant les immeubles jusquaux étages supérieurs. Entre 1865
et 1900, plus de 600 kilomètres d'aqueduc virent le jour pour acheminer les eaux de sources souterraines, pures et saines, captées à plus de 100 kilomètres au sud et à l'est de Paris."
Aujourd'hui, "l'eau bue par les Parisiens est pour moitié d'origine souterraine et pour moitié puisée dans la Seine ou la Marne et purifiée dans les usines de traitement", ajoute l'ouvrage très
complet sur le sous-sol de Paris (carrières, catacombes, tunnels du métro, canalisations, égouts, etc.).
Merci au JDD de m'offrir une occasion de parler de ce "beau livre"!
Atlas du Paris souterrain
La doublure sombre de la Ville lumière
Sous la direction d'Alain Clément et Gilles Thomas
Editions Parigramme
M.S. qui en profite pour vous recommander le fil "Paris-underground" sur Flickr.
Jeudi 24 septembre 2009
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C’est l’histoire d’un Lillois qui arrive à Paris il y a deux ans et en tombe amoureux. Bon, vous remplacez par "…une Blésoise… sept ans… amoureuse", et
globalement je m’identifie à cette histoire qui commence bien. Autant vous dire que son projet de faire "(re)découvrir Paris aux Parisiens" en mettant l’accent sur ses "petites merveilles
trop peu connues" plutôt que sur les coins archi-touristiques m’a plu d’emblée.
J’adore me retrouver dans la position "Je suis touriste, je découvre", le nez en l’air,
ce qu’il nous invite à faire grâce à des jeux de piste et des bonnes adresses distillées sur son site Découvrir Paris.
Le Lillois de l’histoire, c’est Martin Tissier. Un jeune homme qui, en plus d’avoir une bonne idée, sait se servir de Twitter et de Facebook pour la
faire fructifier et amasser les tuyaux des internautes pour en extraire les meilleurs ou les plus cohérents avec ses choix de balades.
Revenons à Twitter… C’est là que je l’ai "repéré". Grâce à son appel à poster cinq lieux parisiens chers à nos cœurs. J’ai répondu, forcément: le Soluna Cafés ou caféothèque de Paris, le marché Georges Brassens et ses livres-trésors, chez Brahim pour son couscous et sa gentillesse,
le lac Daumesnil du Parc de Vincennes et les statues de la Nation, façon Lord of the Rings (et en restauration).
Et je ne suis pas la seule. D’ailleurs, il remercie les 24 autres participants: @ArtExquis, @Blog_communaute, @CedricTremintin, @Commandcome, @DenisDens, @HeralddeParis, @jypp, @MatzeMat, @Mobizen, @s_levaillant, @VickyWine, @cecileBasma, @Tanek, @NadiaBoussouar, @ThibaultBruniau, @Anna, @Bebeguide, @laPoussetteCafé, @lagazette, @pabaltes. Je remercie aussi @bruno_walther qui a suscité son initiative par un simple gazouillis: "Que faire ce week-end à Paris?".
"Grâce à eux, on [son amie et lui] a maintenant 100 lieux répertoriés, et on va passer nos vacances à les visiter!", racontait Martin, veinard, avant le lancement du projet début septembre, avec
son premier jeu de piste dans le 1er arrondissement. Testé et approuvé par ma pomme: j’ai découvert des coins que j’ignorais totalement, appris quelques anecdotes, eu l’air d’une vraie touriste
ébahie et marché suffisamment pour ne pas culpabiliser de prendre un dessert au dîner.
Il a eu droit à un petit "retour" plus élaboré évidemment. En particulier, je pense qu’il y a pas mal de choses à creuser pour développer des "bonus". Des mécanismes simples invitant l’internaute
à répondre à une question avant ou après une visite afin de décrocher une nouvelle bonne adresse ou un détour insolite inscrit dans le jeu de piste…
Après, je n’ai pas les doigts dans le cambouis, je n’en sais pas plus. A vous d’aller tester, si ça vous dit, son premier jeu de piste ou le prochain. Tiens oui, c’est quand le prochain, Martin?
Je suis en manque de bonnes adresses là!
M.S. touriste professionnelle
Lundi 14 septembre 2009
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Inside Paris est triste. Willy
Ronis n'est plus. A 99 ans, l'"humaniste" n'ira plus glaner d'instantanés dans son Paris en noir et blanc qui m'enchantait. Il est allé rejoindre Brassaï, Doisneau, Izis, Boubat...
Chacun y est allé de sa "dernière interview". Le Monde (très
bio et assez peu surprenante), Le Figaro
(plus touchante), L'Express (qui ressemble à celle du
Monde avec quelques petites perles dedans), etc.
Mais pour pleurer un photographe ou lui rendre un hommage qu'il n'aurait pas renié, il n'y a qu'un moyen: les photos. Les siennes, bien sûr... Mais aussi celles des autres qui ont su croquer le bonhomme. Comme cette photo découverte via ce blog. Elle est signée Jeff Dunas,
photographe qui m'a autorisée à reproduire ce cliché pris dans le métro parisien en 2002.
"Nous avions passé la journée ensemble et il rentre chez lui à ce moment-là", explique Jeff Dunas. Le charmant vieux monsieur d'à peine 92 ans (!) qui fait lui fait signe depuis
l'une des rames arpente encore les rues parisiennes avant de devoir abandonner ce plaisir en 2008. La malice et le goût des autres, eux, ne l'auront pas abandonné.
Merci M. Ronis, merci pour tout.
M.S.
Dimanche 2 août 2009
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Mercredi, 19h05
Pigalle, ligne 2 du métro (et non la 12, comme indiqué précédemment)
Dans la station de métro, la rame semble bloquée depuis quelques minutes. Quelques usagers, visiblement
impatients, attendent à l’extérieur des wagons. Une scène habituelle, conséquence de la "régulation" de la circulation ou des incidents de signalisation. Ce qui change des habitudes, c’est le
message du conducteur auquel nous avons eu droit…
"Alors, il y a un problème technique avec le train devant nous. Or le métro, c’est pas comme le bus, on
peut pas doubler. Donc si ça continue, il va falloir qu’il parte sans voyageur pour nous laisser passer. Restez là, ne sortez pas! On ne devrait pas tarder à être libérés. Merci pour... Oh, je ne
trouve plus mes mots, on va dire que c’est l’émotion! Bon attendez, je retourne chercher des nouvelles."
Petit silence… avant la surprise du chef: une chanson.
"I can't light no more of your darkness
All my pictures seem to fade to black and white…"
Le conducteur a un joli brin de voix… gâché par les grésillements de la sono du métro, clairement pas
faite pour ça. Elton John serait fier de lui!
"Don't let the sun go down on me
Although I search myself, it's always someone else I see"
Investi dans sa chanson, il fait passer l’attente agréablement. A l’occasion d’une reprise de souffle
un peu longue, quelques applaudissements fusent.
"Non mais attendez, j’ai pas fini!
Don't discard me just because you think I mean you harm
But these cuts I have they need love to help them heal
Voilà, c’est fini. (applaudissements) Je retourne prendre des infos et je reviens."
Quelques secondes passent. Le bip typique de la RATP résonne.
"Bon ben maintenant vous pouvez applaudir, on va y aller".
Résultat: ce qui aurait été une attente ponctuée de soupirs agacés s’est transformée en moment
surréaliste… et qui me fait regretter de ne pas encore avoir de smartphone (ouh la honte!). Un peu comme cette vidéo tournée à bord d’un avion, pendant la séance-pensum de présentation des
règles de sécurité transformée en rap par un steward inventif.
Le gentleman conducteur terminera le trajet par un très sympathique:
"Ce fut un honneur et un plaisir de voyager avec vous. Nous voici arrivés à Nation, le terminus
de ce train. Au plaisir de vous revoir sur nos lignes."
M.S. pour qui ce fut un honneur et un plaisir de voyager avec ce gentleman conducteur
Souvenirs, souvenirs... Il y a deux ans, je vous racontais comment je m'étais laissée "réguler avec
sagesse"... Hum...